Les rendez-vous de Philopop

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Les Rendez-vous de Philopop avec Didier Carsin

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Les rendez-vous de Philopop : Sommes-nous coupables de vouloir maîtriser la nature ? - ACTE 1

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Les rendez-vous de PHILOPOP

Sommes-nous coupables de vouloir maîtriser la nature  ?

De la naissance de la science moderne au projet de maîtrise de la nature

Un sociologue, évoquant la pandémie du coronavirus, déclarait récemment sur les ondes d'une grande radio nationale  : «  L'homme n'est pas maître et possesseur de la nature  … On n'a peut-être pas respecté la nature comme elle le méritait, elle est en train de se révolter  »*.

Grisé par le développement de ses sciences et techniques, l'homme soumettrait la nature à une exploitation sans frein et sans discernement dont nous mesurons aujourd'hui les effets catastrophiques. Tel est l'acte d'accusation porté aujourd'hui contre le projet de maîtrise de la nature.

Ce procès est-il fondé  ?

Notre réflexion se fera en deux temps  :

1ère émission le 26 avril, la 2ème le 2 mai

I- 1ère émission du dimanche 26 avril 2020  :

A l'origine du projet de maîtrise de la nature, la révolution scientifique de Galilée  : la fin du «  cosmos  » des Anciens et la naissance de la science moderne

a- Pourquoi parler d'une «  révolution  »  ?

b- En quoi consiste cette révolution  ? La redéfinition du mouvement par Galilée  ; la transformation radicale de la méthode en physique

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Les rendez-vous de Philopop : Les animaux ont-ils des droits ?

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Les rendez-vous de PHILOPOP en période de confinement

Les animaux ont-ils des droits ? 

En nous invitant à réfléchir sur le statut que nous accordons aux animaux, cette question prend, dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons, un relief particulier. La pandémie du coronavirus est une conséquence indiscutable du traitement administré aujourd'hui à de nombreuses espèces animales  : en réduisant leur habitat naturel, en favorisant une plus grande promiscuité, les déforestations, le commerce des animaux, l'élevage industriel favorisent en effet la transmission de nouveaux virus qui deviennent, une fois passée la barrière des espèces, des agents pathogènes meurtriers en l'homme.

Mais si la question se pose, c'est d'abord en raison de l'indignation soulevée par le spectacle des violences infligées aux animaux dans les abattoirs ou dans les grandes fermes consacrées à l'élevage industriel. Comment admettre qu'on puisse faire souffrir ainsi des êtres qui sont comme nous pourvus de sensibilité  ? Afin d'assurer la protection des animaux, n'est-il pas nécessaire de reconnaître qu'ils ont des droits, et que l'on ne peut pas disposer de leur vie comme bon nous semble  ?

Que faut-il entendre précisément par droits des animaux? S'agit-il de les considérer seulement comme des objets de droit qui imposent des obligations aux êtres humains (code rural, code de l'environnement, code civil, code pénal), ou plus radicalement, de les reconnaître comme de vrais sujets de droit, analogues aux êtres humains? Une telle reconnaissance est-elle possible, et si c'est le cas, s'applique-t-elle indistinctement à tous les animaux?

Notre réflexion suivra trois étapes  :

1- Pour quelle raison ne reconnaît-on pas traditionnellement aux animaux des droits  ? Ce refus s'appuie, comme nous l'examinerons, sur la distinction morale et juridique entre les personnes et les choses 

2- Pourquoi ce refus peut-il paraître contestable  ? Ne peut-on pas étendre aux animaux le statut de personne et leur reconnaître ainsi des droits  ? (thèse «  animaliste  »)

3- Pourquoi est-il en définitive absurde de parler de droit des animaux  ?

Conclusion

Lectures conseillées : Doctrine de la vertu, § 17 de Kant  ; La Libération animale de Peter Singer  ; Les droits des animaux de T. Regan  ; Notre humanité et Trois utopies contemporaines (l'utopie animaliste) de F. Wolff chez Fayard  ; Etre le bien d'un autre de Florence Burgat chez Rivages poche  ; L'animalisme est un anti-humanisme, de JP Digard, CNRS Editions, Le silence des bêtes. La philosophie à l'épreuve de l'animalité, d'Elisabeth de Fontenay, chez Fayard.

site de l'association PHILOPOP  : https://sites.google.com/site/philopoplh/

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Les rendez-vous de Philopop - Peut-on représenter la volonté du peuple  ?

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Les Rendez vous de PHILOPOP, émission du 23 février 2020.

Peut-on représenter la volonté du peuple  ?

Cette réflexion sur la démocratie représentative et sa crise s'appuiera en partie sur les analyses de J,J, Rousseau dans le Contrat Social (1762)

Introduction  :

Les symptômes de ce qui est appelé communément une «  crise de la représentation  ». Ses causes évoquées et ses conséquences. Le problème  : si, par démocratie, on entend selon l'étymologie du mot le pouvoir du peuple, celui-ci ne perd-il pas son pouvoir en étant représenté  ?

1- La démocratie comme participation du peuple à l'exercice du pouvoir commun (l'exemple d'Athènes)  :

  • Le mode de désignation démocratique des magistrats n'est pas l'élection mais le tirage au sort

  • «  Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne  ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie  » (Esprit des Lois, II, 2 de Montesquieu, 1748)

2- La représentation est un dispositif inventé au XVIIIème siècle pour éviter la démocratie

  • En quel sens faut-il entendre la représentation  ? Le représentant est-il un porte-parole qui ne peut s'écarter de la volonté du représenté (le peuple), ou décide-t-il à la place du représenté et en son nom  ?

  • «  Le grand avantage des représentants, c'est qu'ils sont capables de discuter des affaires. Le peuple n'y est point du tout propre, ce qui forme un des grands inconvénients de la démocratie  » (Esprit des Lois, XI, 6 de Montesquieu). La nature irrationnelle et passionnelle du peuple.

  • Le gouvernement représentatif est le plus approprié à la condition des sociétés commerçantes modernes  : la nécessité d'une professionnalisation de la politique (Qu'est-ce que le Tiers-Etat  ? Siéyès, 1789)

3- La démocratie représentative est-elle possible  ?

  • La souveraineté du peuple consiste dans le pouvoir de faire les lois  ; l'essence démocratique de ce pouvoir (égalité des citoyens assemblés)

  • La démocratie est pour Rousseau une forme de gouvernement qui ne peut «  convenir qu'à un peuple de dieux  »  : il est nécessaire au peuple souverain (que Rousseau appelle République) de déléguer la fonction du gouvernement (qui n'est pour Rousseau que le pouvoir de faire exécuter les lois, voir le Contrat Social III, 4)

  • La souveraineté du peuple ne peut pas en revanche être représentée (C.S.,III,15 de Rousseau)  : la représentation la détruit et tend à rendre le peuple servile.

  • «  Les députés du peuple ne sont ni ne peuvent être des représentants  ; ils ne sont que ses commissaires  » (ils ne peuvent avoir une volonté indépendante du peuple, CS, III, 15)

Pour prolonger la réflexion  , on peut lire le chapitre 2 du Livre II, les chapitres 2 et 6 du Livre XI de l'Esprit des Lois de Montesquieu (1748) , les chapitres 4 et 15 du livre III du Contrat Social de Rousseau (1762), l'article n°10 du Fédéraliste de Madison (1787), les Principes du gouvernement représentatif de Bernard Manin (collection Champs-essais chez Flammarion, 1996)

https://sites.google.com/site/philopoplh/

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Les Rendez-vous de Philopop : Peut-on critiquer les religions  ?

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Les Rendez vous de PHILOPOP, émission du 26 janvier 2020

Peut-on critiquer les religions  ?

Le journal Charlie-Hebdo est-il «  islamophobe  »  ?

Cette réflexion s'appuiera sur la lecture du Traité sur la tolérance de Voltaire (1762) et celle d'un certain nombre d'articles de son Dictionnaire philosophique (1764)

1- La critique du fanatisme religieux par Voltaire

«  Il est de l'intérêt du genre humain d'examiner si la religion doit être charitable ou barbare  » (fin du chapitre 1 du Traité sur la tolérance)

a/ Le «  théisme  » comme vraie religion (des principes universels simples et compréhensibles de tous)  ; à l'opposé, il y a l'intransigeance dogmatique des religions établies (dogmes particuliers et obscurs érigés en vérités absolues) qui fait le lit de l'intolérance et du fanatisme.

b/ L'analyse du fanatisme  : il naît de la superstition et procède de la négation des limites de l'esprit humain

c/ L'histoire du christianisme à partir du Concile de Nicée (325 après JC) est l'histoire d'une violence ininterrompue. L'intolérance naît avec lui car il prétend être la vraie religion et veut étendre la vérité à la terre entière (croisades, guerres de religion)

d/ Deux affaires contemporaines dans lesquelles la religion permet de justifier le crime d'innocents  : l'affaire Calas (1761) et l'affaire du Chevalier de la Barre (1766)

2- C'est la vraie religion qui permet de critiquer «  l'abus de la religion  » des religions établies

a/ La tolérance est un commandement de la providence divine inscrit dans la nature humaine qui exige que nous regardions tous les hommes comme nos frères

b/ La critique de la religion ne peut aboutir à l'idée qu'on peut s'en passer  : «  Partout où il y a une société établie, une religion est nécessaire  ; les lois veillent sur les crimes connus, et la religion sur les crimes secrets  ». Pourquoi l'athéisme est-il dangereux selon Voltaire pour la société  ?

3- La religion est-elle indispensable pour construire le lien social  ?

a/ Une conviction forte et souvent partagée (à laquelle s'opposent les objections du philosophe Bayle dans son Commentaire philosophique sur la tolérance)

b/ Le problème est peut-être aujourd'hui d'autant plus sensible que les religions apparaissent comme la composante essentielle d'une identité collective, comme l'expression d'une «  communauté  »

c/ Quel statut accorder aux religions  ? Sont-elles avant tout l'expression d'une communauté ou sont-elles des croyances qui relèvent d'un choix individuel  ? La laïcité comme respect de la liberté de conscience, qui est liberté de croire ou de ne pas croire.

Dans le prolongement de cette réflexion, on peut lire ou relire le Traité sur la tolérance de Voltaire et les articles suivants de son Dictionnaire philosophique  : «  fanatisme  », «  martyre  », «  secte  », «  superstition  », «  théiste  », «  tolérance  ».

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Les Rendez-Vous de Philopop : L'Homme est-il une exception ?

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Les Rendez vous de PHILOPOP, émission du 29 décembre 2019.

L'Homme est-il une exception  ?

Réflexion à partir de l'ouvrage de Philippe Descola, Par delà nature et culture (paru en 2005 chez Gallimard)

Introduction  :

Y a-t-il une frontière absolue entre l'humain et le non-humain que justifie l'opposition entre nature et culture  ?

1-Cette opposition est relativement récente dans l'histoire de la pensée occidentale

Descola se propose de faire «  une esquisse généalogique  » du «  grand partage  » qui conduit l'Homme occidental à se séparer des autres êtres vivants  : l'émergence de l'idée de nature

2- Cette opposition n'existe pas dans le cadre des conceptions «  animiste  » (exemple des Indiens Achuar) et «  totémiste  » (exemple des Aborigènes d'Australie)

  • la conception animiste des Indiens Achuar  : les animaux et les plantes sont comme des personnes

  • la conception totémiste des Aborigènes  : hommes, animaux et plantes font partie du même groupe totémique s'ils partagent des qualités morales et physiques similaires

3- L'opposition entre nature et culture est relative à la culture occidentale  ; elle n'est qu'une des quatre manières possibles d'ordonner et de classer les êtres

  • L'homme se perçoit comme une unité de corps et d'esprit et identifie les autres êtres à partir de ce qu'il perçoit de lui-même par analogie

  • Dans l'animisme, les hommes sont semblables par l'esprit et différents par le corps, contrairement à notre conception pour laquelle ils sont différents par l'esprit (les hommes en ont un, les bêtes n'en ont pas) et assez semblables sur le plan physique

  • Un paradoxe  : la critique de l'usage ethnocentrique que fait l'Occident de l'opposition nature / culture, ne peut se faire que sur la base de son usage méthodique. En ordonnant à sa façon les êtres, la culture occidentale n'exprime qu'une manière d'ordonner la nature.

Conclusion  : l'intérêt moral et politique de cette réflexion

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